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Chalvet : 14
février 1974
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"Chalvet
1974" est à n'en pas douter; l'un
des événements les plus marquants dans
la mémoire collective du monde agricole
et des Martiniquais. Trente ans après,
la Martinique semble vouloir se souvenir
et honorer leur mémoire. Plusieurs
manifestations ont été programmées,
notamment à Fort-de-France et à
Basse-Pointe.
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Le
13 février 1974, la capitale de la
Martinique est
paralysée par des grèves commencées
depuis le 17 janvier et qui allaient
encore se durcir
car les négociations entre patrons et les ouvriers n'ont rien
donné. La grogne gagnait plusieurs communes;
Rivière Pilote, le Larnentin, le Robert et
Gros Morne. Les employés du public, du
privé, les ouvriers, tous faisaient
entendre leurs revendications. Les gendarmes qui avaient
pour rôle de maintenir l'ordre
rencontraient partout de grandes
difficultés. La tension était à son
comble dans le pays et la moindre
manifestation se soldait par
l'intervention des policiers qui
étaient régulièrement assaillis par
des jets de pierres. Ils répondaient à
coups de gaz lacrymogène.
C'est dans ce contexte de crispation que
la tragédie du jeudi 14 février va se
dérouler, ce jour là partout dans l'île
des foyers de protestations se
déclaraient, les autorités avaient
décidé de mettre un terme à la
révolte ouvrière. C'est ainsi que dans
le milieu de la matinée, sur le plateau
de Chalvet à Basse Pointe les ouvriers
se sont retrouvés nez à nez avec les
forces de l'ordre. Ces derniers n'ont pas
hésité à utiliser leurs
armes. Au cours de cette fusillade de
nombreux blessés, un gendarme aura
également la main tranchée, il y a un
mort : llmany Sérier, dit Renor, 55
ans, père de famille nombreuse. L'émoi
est considérable les gendarmes sont
accusés de meurtre.
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llmany
Sérier est enterré le surlendemain au
Lorrain. Des centaines de personnes
défilent derrière les centrales
syndicales, les mots d'ordre syndicaux
sont remplacés par des cris de
vengeance "Orsetti assassin",
"llmany nous te vengerons" et
par des slogans politiques "à bas
la répression coloniale, songé
l'Algérie, songé l'lndochine,
Martinique lévé". Deux heures
avant l'enterrement, le corps d'un jeune
homme de 19 ans ,Marie Louise, est
découvert sur une plage de Basse Pointe,
non loin de Chalvet. Des dizaines
d'habitants s'agglutinent autour du
corps et très vite les témoignages
laissent entendre que Marie Louise
figurait dans un groupe impliqué dans
un affrontement avec les policiers.
Il a fallut ces deux morts de ce mois de février
pour mettre un terme à la
grève puisque le protocole de fin de
conflit est signé le 19 février avec
les syndicats. La détermination des
ouvriers a permis de remporter une
grande victoire pour le monde agricole. Les circonstances de
la mort de Marie Louise n'ont jamais
été élucidées et jusqu'en octobre
1974, plusieurs des ouvriers agricoles
ou indépendantistes ont été arrêtés
par les gendarmes. Par exemple, Alex
Ferdinand; professeur d'histoire, a fait
plusieurs jours de prison. Il a été
arrêté et poursuivi pour entrave à la
liberté de travail et violences à
agents. Les poursuites judiciaires se
sont soldées par des peines de prison
avec sursis que l'amnistie est venue
effacer.

Ilmany Sérier mort
sous les balles le 14
février 1974
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